Contexte : 2011, échanges familial pendant les vacances d’été sur des lectures pour pré-ados.

Protagonistes : la mère d’une fille de 11 ans qui est passionnée de lecture et une de ses parentes, professeure de français en collège.

L’enseignante : Qu’est-ce qu’a lu ta fille récemment ? Cela m’intéresse toujours de proposer de nouvelles lectures à mes élèves.

La mère, après avoir mentionné d’autres livres : Il y a aussi Belle comme le jour, de Gaïl Carlson Levine est très chouette, ma fille l’a adoré. Je l’ai lu aussi : formidable. C’est un conte (avec ses créatures imaginaires, de toutes sortes), mais surtout un gros roman d’aventures, dont l’héroïne est assez laide, mais a un talent particulier. Elle se retrouve brusquement, au départ pauvresse du peuple abandonnée par ses parents, au cœur d’un royaume où la beauté est une valeur essentielle qu’elle ne possède pas. Il se passe plein de choses, c’est palpitant, c’est une réflexion sur les valeurs du monde, l’apparence, la construction de l’estime de soi…

L’enseignante : Effectivement, cela semble intéressant. Mais je ne peux pas proposer ce genre de livre à mes élèves, tu comprends… Ils sont au collège maintenant. Et les garçons ne s’intéresseront pas aux aventures d’une héroïne.

La mère : Ah, bon ? Tu ne leur proposes que des histoires dont les héros sont garçons ou des hommes ?

L’enseignante : C’est plus simple. On a des chances qu’ils lisent s’ils peuvent s’identifier au personnage principal. Tu sais, on a déjà du mal à les faire lire.

La mère : Et pour les filles ?

L’enseignante : Oh, les filles, c’est plus facile : elles s’adaptent. Elles lisent plus facilement. Et cela ne les dérange pas que les héros soient masculins.

La mère : Donc tu ne proposes jamais à des garçons de s’identifier à des personnages féminins ?

L’enseignante : Non, cela ne donnerait pas envie…

Nos questions :

1. Pour quel public cette enseignante s’adapte-t-elle ? Pour quel autre elle ne s’adapte pas ?

2. Sur quels savoirs / quelles données / ou quelle croyance s’appuie-t-elle ?

3. Quelle est la conséquence pour les personnes de chaque sexe ?

4. Cette pratique propose-t-elle aux deux sexes une égale ouverture au monde ? Une identification ou une compréhension de même nature aux personnages et situations ?

Compléments :

Belle comme le jour est une réécriture de Blanche-Neige. Retrouvez une chronique d’une lectrice passionnée sur le livre en question.

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