• WADJDA

Un film de Haifaa AL MANSOUR, sorti le 6 février 2013.

Wadjda rêve d’un vélo pour défier à la course son camarade de jeu, mais faire du vélo est réservé aux garçons… Ce film touchant, marquant, subtil, part d’une histoire toute simple, ancrée dans le quotidien d’une famille prisonnière comme les autres d’un système politicoreligieux. L’air de rien, il énonce une à une les multiples facettes de la condition des filles, éduquées par des femmes (dont on voit aussi la condition, les rêves, les renoncements et les stratégies de survie) à ne vivre que pour être jugées par les hommes. Ne pas rire, ne pas se montrer – donc se cacher, ne pas toucher le Coran en période de règles… Mais Wadjda a un rêve et s’évertue, pas à pas, aidée par celle et celui qui espèrent pour elle une plus grande liberté, à le transformer en réalité. Ou comment une gamine encore un peu naïve mais tenace peut embarquer sa mère et son camarade de jeu dans une juste cause. A voir dès le collège.

 

  • LA RELIGIEUSE

Un film de Guillaume NICLOUX sorti le 20 mars 2013.

Encore l’histoire d’une jeune fille, mais de 17 ans cette fois, qui veut échapper à la condition qui lui est réservée par le lieu et l’époque. Nous pouvons apprécier pendant tout le film le sort réservé aux personnes récalcitrantes dans un système oppresseur – ici le couvent, dirigé par une mère supérieure zélée et tyrannique – mais aussi la rhétorique subtile autour du « choix », qui conduit les personnes à finalement accepter une issue non désirée, mais qui est celle, annoncée comme fatale, de leur condition, entretenue par des femmes au service des hommes… Le rôle de ces derniers dans l’œuvre est d’ailleurs à interroger en détail. Il est très intéressant aussi que soit abordé le harcèlement affectif et potentiellement sexuel d’une femme dominante (la mère supérieure, jouée par Isabelle HUPPERT) sur une jeune fille dans ce milieu clos et unisexe. Une oppression semble inexorablement en remplacer une autre. Pourtant, pour apporter un peu d’espoir, le réalisateur a pris quelques libertés avec la fin de l’œuvre de Diderot – plus noire, car comment accepter que la quête de liberté, jalonnée de tant de douloureuses épreuves, ne soit pas récompensée au moins par une page à écrire soi-même ?

Voir aussi nos « Ressources éducatives début 2013 ».

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