Logo MJC Monplaisir petit couleurJulie Devif, étudiante en psychologie, avait fait son stage d’observation de licence à EgaliGone l’année dernière et avait participé aux EgaliMois de décryptage de la littérature jeunesse. Elle a pu approfondir le sujet en M1 grâce à une immersion à la MJC Monplaisir à Lyon 8ème, dans le secteur Enfance-jeunesse. Nous lui avons demandé de partager avec nous cette expérience et sa réflexion.

« TRAVAIL DE REFLEXION AUTOUR DES ALBUMS JEUNESSE : L’EGALITE ENTRE FEMMES ET HOMMES, ET STEREOTYPES.

Ce travail autour de l’égalité entre femmes et hommes dans les albums jeunesse a été réalisé dans le cadre de mon stage de Master 1 de Psychologie Sociale et du Travail. La MJC de Monplaisir étant attachée à défendre l’égalité, le travail proposé autour des stéréotypes liés au sexe dans les albums a fortement intéressé la responsable du pôle « Enfance-Jeunesse », Madame Jocelyne GONGUET.

Cette réflexion autour de l’égalité femmes/hommes dans les albums jeunesse présente un intérêt central en MJC, tout d’abord par le public plutôt hétérogène de cette structure (enfants, adolescent.e.s, adultes), mais aussi pour le rôle qu’entretient la littérature jeunesse, comme média légitimateur des inégalités entre femmes et hommes. Etudier un tel support permet également de faire prendre conscience du caractère construit des différences entre femmes et hommes, qui sont parfois défendues comme étant naturelles, alors que grandement sociales. Au travers  des albums jeunesse nous voyons donc comment les normes du masculin et du féminin se construisent, comment les rôles se distribuent entre femmes et hommes. C’était autour de cela que je souhaitais orienter mon travail. Si les albums jeunesse m’ont interrogée, c’est aussi parce qu’ils sont adressés à un public en bas âge – et familial – et cela permet alors de faire émerger une réflexion en amont, dès le plus jeune âge, mais aussi de sensibiliser les parents. Cela afin de faire prendre conscience du caractère construit – encore une fois – des différences entre les femmes et les hommes, mais aussi de remettre en question certains « automatismes », rôles etc. Enfin, travailler sur ces questionnements a permis de réaffirmer le positionnement égalitaire de la MJC de Monplaisir dans un contexte sensible (ABCD de l’égalité, effervescence autour du livre égalitaire, rumeurs autour de la supposée « théorie du genre »).

A partir de mes envies de créer un travail interactif avec le public autour des albums jeunesse et des attentes de ma tutrice, Jocelyne Gonguet, j’ai donc construit une scénographie et un livret qui venaient interroger l’égalité entre femmes et hommes. Si la scénographie s’adressait tant aux adultes qu’aux enfants (à partir de cinq ans), le livret était dédié aux parents et reprenait la scénographie en donnant des pistes de réflexion notamment sur les différences entre les livres dits « traditionnels » et ceux dits « égalitaires » mais également les apports de chacun, comment hommes et femmes étaient représenté.e.s dans les albums jeunesse, les stéréotypes et rôles sociaux, ainsi que leurs impacts. S’intéresser à ces dimensions permet de montrer le caractère construit des différences/inégalités, entre femmes et hommes. Ceci suivait une logique psychosociale sur les apports asymétriques des femmes et des hommes.

Ainsi, dans un premier temps, je me suis intégrée à la bibliothèque, dédiée à un public familial, afin de construire la scénographie qui se déclinait en jeu de piste, afin de rendre cela interactif : une arrivée et un départ, ainsi que sept illustrations tirées d’albums jeunesse avec des questions simples dédiées aux enfants, ils et elles pouvaient répondre directement sur les banderoles, collées au mur de la MJC ; et dix citations tirées également d’albums jeunesse, dédiées cette fois aux parents, qui étaient là pour amener à une réflexion sur le rôle du social dans la différence entre les sexes. Plusieurs échanges ont eu lieu avec les parents, plutôt mobilisé.e.s lors de ce quart d’heure de participation. Cela a notamment permis d’éclairer les personnes sur la « théorie du genre », rumeur ayant engendré de fortes réactions. Il s’agissait donc d’expliquer la différence entre la « théorie du genre », rumeur lancée, et la dynamique dans laquelle s’inscrivait mon travail : faire prendre conscience du rôle du social, des inégalités entre femmes et hommes et des rapports asymétriques, sous un angle psychosocial et non de théorie ! En apportant aussi des précisions sur le rôle des études sur le genre.

Le livret était intégré au jeu de piste, puisqu’il se trouvait à l’arrivée de celui-ci. Il a été construit dans l’optique d’être utilisé comme grille de lecture des albums jeunesse, mais pas seulement, puisqu’était précisé que cela s’étendait à d’autres médias (publicité, télévision, etc.).

Tout ce travail permettait alors de montrer comment les albums jeunesse viennent jouer un rôle dans nos représentations de ce qui doit être féminin et/ou masculin, des rôles que chacun et chacune doit tenir mais également des inégalités qui restent encore largement présentes, et cela à partir de supports concrets puisque les illustrations et citations étaient tirées de livres bien réels ! Il s’agissait donc d’interroger les normes, stéréotypes, rôles sociaux et représentations présent·e·s dans nos médias, et qui viennent maintenir les inégalités dans notre société.

Le livret est disponible en consultation sur place, à la MJC de Monplaisir, et par ici en version pdf, avec l’autorisation de son auteure. Contact : Mme Jocelyne Gonguet, jgonguet@mjcmonplaisir.net

DEVIF Julie, étudiante à l’Université Lumière Lyon II, Master 1 Psychologie Sociale et du Travail. »

 

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