Capture d'écran 2015-05-06 22.33.18Dans le cadre de l’agrément service civique que nous avons pour deux ans, Sasha Monneron a démarré comme volontaire le 1er avril et sera avec nous pour 6 mois. Sa mission s’articule autour de deux thèmes : 

  • Réfléchir aux moyens d’accueillir les nouveaux et nouvelles adhérent·e·s en appui au pôle animation des membres.
  • S’informer sur les pratiques et ressources d’intervention déjà existantes sur le territoire lyonnais, notamment à travers des interviews et de la veille de terrain afin de permettre à EgaliGone de s’affirmer en tant que structure « relais », en appui aux pôles veille et prestations.

Vous serez donc peut-être contacté·e·s !

Nous n’avions pas eu l’idée – et notre site n’était pas aussi avancé qu’aujourd’hui – de solliciter nos deux premières volontaires, Elise puis Manon, pour cet exercice de présentation de soi auquel Sasha a accepté de se prêter. Qu’elles ne nous en veuillent pas… ! 

« Je m’appelle Sasha, et depuis avril je suis la nouvelle volontaire en service civique à EgaliGone. Je connais l’association depuis 2012 ; j’avais rencontré Violaine lors d’une réunion alors que j’effectuais mon stage à la DRDFE (Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité). Son dynamisme et son entrain m’ont marquée. Le soir même j’ai pris mon ordinateur pour glaner plus d’informations sur cette association qui se présentait alors sous la forme d’un simple blog. Je les ai gardées dans un coin de ma tête en continuant mes études en sciences politiques.

J’ai commencé à m’investir dans le milieu associatif en 2011/2012, parce que j’avais une sensibilité pour le social et la défense des droits de l’Homme, mais tout était plutôt vague, tant au niveau de mes convictions que de ce que je recherchais d’une association. Je ne connaissais rien du milieu associatif, ni le fonctionnement en conseil d’administration, ni le fonctionnement d’un bureau, ni ce qu’on pouvait bien attendre d’une bénévole. Je ne me connaissais pas moi-même non plus et je ne savais pas à quel point je voulais m’impliquer, ni quelles missions m’intéressaient, ni quelles compétences je pouvais leur apporter. Je me suis dirigée vers une association qui intervient auprès des enfants pour des ateliers sur la multi-culturalité et la participation citoyenne. Je la quitte quelques mois après, ne trouvant pas vraiment ma place. Un an plus tard, en pleine polémique des manifs pour tous, et indignée par la violence qu’elle déclenche, je décide de devenir bénévole à Rimbaud, association lyonnaise qui lutte contre l’homophobie. Ils proposent des permanences d’écoute pour les jeunes en questionnement sur leur orientation sexuelle, et font des interventions en milieu scolaire pour déconstruire les préjugés sur l’homosexualité. De nouveau je peux intervenir auprès des adolescent-e-s, mais cette fois-ci sur une thématique qui me tient à cœur, qui me motive. Aucun-e salarié-e, que des bénévoles, que des jeunes, ça me laisse plus d’espace pour m’autonomiser et prendre des responsabilités parce qu’on a « besoin » de moi. Même si le temps d’adaptation est long pour comprendre le fonctionnement de l’association, je trouve ma place petit à petit, j’apprends beaucoup et je me sens utile. Je prends goût au bénévolat. Pourquoi ? Grâce au réseau social qu’il permet de tisser, aux compétences que j’ai acquises à travers les formations et les interventions sur le terrain, et grâce à la richesse intellectuelle et au sens critique qu’il m’apporte en écoutant les propos de personnes militantes beaucoup plus impliquées que moi.

Cette expérience réussie m’influence au point de vouloir partir un an après mes études en Espagne. Je m’engage dans une association qui aide les personnes immigrées à Séville à travers le Service Volontaire Européen. Je travaille dans le pôle jeunesse en faisant de l’animation auprès d’enfants entre 6 et 14 ans dans un quartier multiculturel. Je continue à explorer la thématique du genre à travers des ateliers sur la violence conjugale, à travers l’implication égale des filles et des garçons dans les ateliers de sport, à travers la commande de nouveaux livres non stéréotypés. Une année intense et très enrichissante mais qui passe très (trop) vite. Alors que je réfléchis à mon retour en France, je repense à EgaliGone qui a un vrai site Web désormais. Je suis motivée mais loin d’être experte sur les stéréotypes de genre, et je sens que les nuances m’ont manqué lors des ateliers que j’ai animés : sensation d’aborder les problèmes en surface et de ne pas pouvoir expliquer clairement l’origine et les implications des rapports de pouvoir entre filles et garçons.

Aujourd’hui j’ai la chance d’avoir été choisie pour faire mon service civique à EgaliGone, et je suis contente de pouvoir passer six mois à apprendre et à apporter mes compétences à cette association. Comme tout parcours, l’engagement bénévole se construit progressivement et évolue en fonction des périodes de nos vies, de nos envies, de ce qui nous motive ou indigne. Parfois on ne trouve pas tout de suite ce qui nous plait, parfois on n’a plus l’énergie de s’investir. Mais très souvent c’est un formidable tremplin pour se connaitre soi-même, s’épanouir, apprendre, et même rencontrer certaines personnes qui vont profondément nous marquer et nous influencer. »

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