Magali CLAUZONNIER et Marie DANJEAN, chargées de mission chez AIDER, ont répondu à nos questions sur l’association et le travail qu’elle mène.

Pouvez-vous présentez l’association ?

aider initiative
Illustrations pour un projet réalisé avec une classe du lycée Armorin de Crest, dans le cadre du projet « Choisir son métier en toute égalité ».

AIDER est une agence associative de développement local, au service des territoires afin de concilier attractivité, performance et qualité de vie. Avec et pour les collectivités, les entreprises et les habitant·e·s, AIDER répond aux besoins locaux par l’expérimentation et la mise en œuvre de réponses bien souvent innovantes. Ses compétences s’articulent autour de l’étude, l’animation territoriale, la sensibilisation et la formation, l’appui aux initiatives et l’accompagnement.

Créée en 1999, AIDER compte aujourd’hui 8 salariées, une équipe pluridisciplinaire et complémentaire structurée en 3 pôles :

  • Pôle Économie et emploi

  • Pôle Habitat solidaire

  • Pôle Vie des territoires

    • Démocratie participative

    • Égalité femmes-hommes

    • Temps et territoire

Quel est votre rôle au sein de l’association ?

Magali, chargée de mission m.clauzonnier@aider-initiatives.fr

Marie, chargée de mission m.danjean@aider-initiatives.fr

Pouvez-vous nous parler un peu plus des interventions pour l’égalité entre hommes et femmes ?

En matière d’égalité femmes-hommes, AIDER mène depuis 2003 plusieurs actions complémentaires :

  • création d’outils de sensibilisation et de formation

  • animations spécifiques en entreprises et en milieu scolaire,

  • observation genrée des territoires

  • sensibilisation aux politiques temporelles,

  • mise en œuvre d’actions pour mieux concilier les rythmes de vie, accompagnement de projets…

Annuellement, AIDER participe à la Quinzaine de l’égalité en Rhône-Alpes.

Pouvez-vous décrire plus spécifiquement les outils de votre « boite à outils » ? (jeux de rôle, quizz, mise en situation)

Depuis 2003, AIDER s’est effectivement constitué une « boîte-à-outils » d’intervention qui est une ressource pour mettre en débat l’égalité, et en particulier l’égalité professionnelle.

En terme de contenu, nous nous appuyons beaucoup sur :

  • l’histoire des droits pour que chacun-e prenne conscience de la lente progression et de la fragilité des droits des femmes

  • les statistiques pour partager des constats et contrer l’impression largement répandue que femmes et hommes sont désormais égaux

Nos supports comptent de nombreux chiffres sur la répartition des tâches et des temps de vie, les formations et les métiers, l’accès aux sports et loisirs, la place des femmes dans la vie publique, etc.

Comme notre objectif est avant tout de faire prendre conscience aux un·e·s et autres des stéréotypes que nous portons tout·e·s, les grandes dates de l’histoire et les statistiques sont un moyen de se positionner individuellement, d’ouvrir un débat en groupe, mais sans culpabiliser, pour devenir un·e acteur/trice de changement.

Et nous privilégions l’humour et une approche ludique avec par exemple un quizz, sous forme de grand jeu, auquel on répond avec des cartons de couleurs, des séances actives avec des images à positionner sur un support collectif, des animations où les participant·e·s sont en mouvement, etc…

Nous essayons aussi de nous donner un rythme à nos séances, avec des vidéos, des témoignages, des visites de site quand cela est possible, des temps d’observation à partir de grilles de lecture de situations quotidiennes…

Nos interventions sont construites sur-mesure à chaque fois : simple accompagnement à la définition d’un projet en amont, création d’une animation spécifique, formation d’une équipe, construction d’un projet dont nous animons les séances… Cela dépend de la durée du processus, des objectifs en matière de sensibilisation, du public ciblé, des moyens, du lieu, du contexte (en entreprise, en milieu scolaire, en festival…) etc.

Pouvez-vous décrire une intervention type avec ces outils ?

Tout récemment, en 2015, nous avons, par exemple, conduit le projet « Choisir son métier en toute égalité », en partenariat avec des établissements scolaires en Vallée de la Drôme (26), afin de contribuer à ouvrir le champ des possibles en matière d’orientation des jeunes.

L’action est construite en un parcours en 4 étapes, avec comme leitmotiv, favoriser l’expression des jeunes, susciter le débat.

Après une séance de sensibilisation aux stéréotypes, et un temps de formation à une observation sensible à l’égalité femmes-hommes dans l’emploi (repérer qui fait quoi dans son entourage, les entreprises que l’on fréquente, ou dans lesquelles les jeunes vont en stage), le parcours comprend un temps de rencontre avec des professionnel-le-s pour échanger sur leur formation, leur parcours professionnel, leur manière de concilier temps professionnel et familial.

Chaque classe engagée dans le projet avait pour mission de valoriser son parcours, ce qui leur a permis de créer des expositions artistiques (roman-photo, illustrations..) autour du thème de la mixité dans les métiers, et de réaliser des micro-trottoirs, qui ont été utilisés pour un des temps forts du projet, une émission radio enregistrée en public dans le collège de Loriol le 19 mai.

Ecoutez-la en ligne.

Pour en savoir plus, découvrez le projet !

Comment les gens intéressés par votre projet peuvent vous solliciter ? Est-ce que c’est payant ?

Nous sommes à disposition pour répondre à toute personne ou structure intéressée, contact par mail, téléphone…

Ces interventions ont de la valeur.

Dans la phase de conception du projet, nous travaillons aussi son montage financier avec nos partenaires. Nos actions peuvent faire l’objet de financements publics ou privés, ou mobiliser des dispositifs de formation par exemple.

Comment réagissent les enfants ? Avez-vous des anecdotes à partager avec nous ?

En intervenant auprès d’enfants, nous constatons la présence des stéréotypes dès le plus jeune âge et que les inégalités entre les femmes et les hommes existent sans distinction, dans toutes les classes sociales.

Nous sommes par exemple intervenu·e·s dans un centre de loisirs avec le groupe des petit·e·s (3-6ans). Notre intervention avait été préparée en amont avec le directeur de cette MJC. L’équipe d’animation qui nous a reçu·e·s ce jour-là nous avouait à notre arrivée ne pas bien comprendre comment on pouvait traiter la question de l’égalité avec des si petit·e·s.

A partir de photos-langages, nous avons amené les enfants à exprimer ce qui de leur point de vue était plutôt de métiers, des jouets, des activités pour les filles, pour les garçons ou pour tout·e·s.

On pourrait penser qu’à cet âge, ils/elles sont dénué-e-s de préjugés et que tout est pour tout le monde … Hé bien, l’équipe d’animation de la MJC et nous avons bien remarqué que les espaces étaient déjà bien cloisonnés dans les esprits ! Par exemple, filles et garçons étaient d’accord pour dire que l’équitation était un sport de garçons (« à cause des chevaliers »), alors que dans la réalité, près de 80 % des cavaliers sont des cavalières…

A partir du jeu, les enfants sont entrés dans un échange intéressant : nous avons pu guider leurs échanges, leur apporter quelques éléments de réponse et les amener à exprimer leur propre envie de faire tel métier ou pratiquer tel sport… Et après, on est allé pratiquer dans le Parc de la MJC !

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