Par Julie Douglas


Mercredi, le 18 janvier 2017 la Bibliothèque Duguesclin du 3ème arrondissement de Lyon a organisé une rencontre autour de l’exposition-photo « Décollons les étiquettes » afin de la faire découvrir au grand public et surtout des familles (parents et enfants). Julie Douglas a représenté L’institut EgaliGone pour partager l’expérience. L’exposition est présentée à la bibliothèque jusqu’au 25 février et sera ensuite proposée à la Maison des adolescents du Rhône du 1er au 31 mars 2017.

L’exposition-photos Décollons les étiquettes, de quoi s’agit-il ?

Photo du portrait « HUMAIN » et neuf portraits avec étiquettes changeables.

 

C’est un projet autour du thème de la catégorisation qui est né en 2015 d’une envie du Conseil Local de Santé Mentale du 3ème arrondissement de Lyon de parler de la santé mentale, des préjugés et de comment on pourrait les questionner avec des habitant·e·s et des professionnel∙le∙s.

Un groupe de travail a réuni professionnel·le·s, bénévoles et habitant·e·s pour imaginer ensemble ce projet. L’idée était de questionner tous les préjugés, toutes les « étiquettes », qu’elles soient ou non liées à la souffrance psychique. Le choix a été d’utiliser la photographie comme média artistique.

L’exposition s’appuie sur la photographie de Regis Dondain qui a pris 170 participant∙e∙s du quartier en photo, ajoutant leur portrait à une grande mosaïque de visages qui est visible vers la fin des dix présentations sur le long d’un mur. Au cours de la découverte de l’exposition, on observe une sélection de portraits et il y a plusieurs présentations différentes (taille de photos, choix de mise en lumière, avec ou sans étiquettes manuscrites ou autocollants etc). Le∙la visiteur∙trice pourra jouer avec ces « clichés », au sens propre. Par exemple, nous sommes invité∙e∙s à soulever un tissu (cotons en couleurs variés, papier bulle, matériel bâche etc.) pour révéler la photo en dessous.

Les participant∙e∙s qui ont posé pour les photos ont ajouté leurs pensées en répondant aux questions suivantes : « Quelle étiquette aimez-vous ou n’aimez-vous pas qu’on vous colle ou qu’on colle aux autres ? », et « De quoi êtes-vous fou ou fan ? ». Chaque personne a écrit ses réponses sur les étiquettes qui sont magnétisées et interchangeables pour ensuite être intégrées à deux parties interactives de l’exposition. Ainsi, on peut en tant que visiteur ou visiteuse mélanger, coller, décoller des étiquettes préalablement choisies par eux/elles.

Le résultat est pertinent et agréable à découvrir. La lumière et la mise en exposition est assez percutante pour des adultes grâce à l’aspect brillant des photos et le fond foncé des photos. Les photos ont été prises avec un fond noir qui met en valeur la personne et son visage. Toutes les photos sont bien présentées en album acrylique avec des tailles différentes.

Je pense que la réflexion derrière l’exposition est pertinente et mène aux questionnements sur des soucis psychiques ou physiques qu’on peut rencontrer tout au long de la vie. L’idée est de découvrir la personne en dessous les étiquettes qu’on peut s’auto-poser ou poser sur les autres. J’ai bien apprécié le côté participatif de cette exposition et le fait qu’elle soit interactive avec le public en invitant à soulever, mélanger et surtout décoller les étiquettes… La présentation que j’ai préférée est  celle d’un grand portrait d’un homme seul barbu avec des lunettes puisque les participant∙e∙s sont invité∙e∙s à coller l’étiquette « HUMAIN » sur le dessus. Il nous rappelle que les étiquettes qu’on se colle sont surtout un phénomène de société et nous sommes tous et toutes humain·e·s avant tout autre statut.

Je me demande toutefois si quelques phrases et étiquettes pourraient avoir l’effet secondaire de rappeler des étiquettes et de les renforcer. Je regrette aussi qu’il y ait des étiquettes sexistes, mais l’objet invite à ce type de propos. Par exemple, sur la photo d’une femme il y avait « Je suis une bonne mère ».

Pendant l’après-midi prévu à la bibliothèque le 18 janvier, il n’y avait malheureusement pas de familles présentes mais plutôt des adultes seul·e·s. Selon moi, cette exposition n’est pas adaptée aux enfants car les présentations ne sont pas encore assez ludiques et sont placées trop haut pour un accès facile des enfants. A ma connaissance, il n’avait pas d’animations organisées donc c’était aux parents d’expliquer et leur faire réfléchir au sujet.

L’exposition est aussi itinérante. Durant toute l’année 2017, les portraits partiront en tournée et feront étape dans les lieux publics et culturels du 3ème arrondissement et de l’agglomération lyonnaise. Des temps d’animation sont prévus dans les prochains mois avec la nouvelle stagiaire Manon Wurgel.

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