Photo extraite du site www.sisilesfemmes.fr

Par Violaine

Quand j’étais enfant, je me demandais pourquoi nous n’apprenions pas en classe qui avaient été ces personnes qui ornaient de leur nom nos rues, écoles, bibliothèques, centres culturels, musées… De temps en temps je consultais l’encyclopédie familiale (j’aimais déjà le papier et je l’aime encore…) pour découvrir qui étaient Félix Faure, Pierre Bonnard, Marie Curie ou Ferdinand Buisson. Plus tard, je me suis demandé pourquoi aucune femme n’était présente – ou si peu – dans ces hommages, ces traces faites pour accrocher notre regard à tous les coins de rue. Et puis pourquoi dans les livres d’histoire elles sont si absentes, nos ancêtres les femmes…, celles qui ont pourtant déposé une requête des femmes pendant la révolution mais ont ensuite été écartées de la citoyenneté. Mes enfants s’étonnent régulièrement des proportions dans lesquelles femmes et hommes sont inégalement cité·e·s dans leurs manuels scolaires (une seule dans le livre de philosophie de terminale cette année, une seule aussi dans l’anthologie de poésie de première). Pour savoir lesquelles ont influencé le monde et comment, force est de constater qu’il nous est nécessaire de nous y intéresser par nous-mêmes, car l’information n’est quasiment pas partagée au coin de la rue, et encore très peu dans les collections permanentes des musées dans des proportions acceptables… (quoiqu’en tant que sorcières, dans « Venenum », au musée Confluences à Lyon, elles y ont une place relativement importante, ne soyons pas ingrates). Je me vois encore, pour faire un cadeau à ma nièce il y a quelques années, devant le visage ébahi d’une libraire, demander un ouvrage qui retracerait le destin de femmes qui ont influencé le cours de l’histoire, puis ressortir bredouille. Ces femmes qui sont remarquables, ce que souligne ce formidable jeu de sept familles , permettraient à nos filles, si elles leur étaient familières, d’avoir des modèles d’identification, de rêver plus et plus grand, puis de s’approcher davantage de leurs rêves. Les connaître permettrait aussi à nos filles et garçons de trouver juste et banal que qu’hommes et femmes investissent tous les champs de l’activité humaine, sans exception. A l’initiative de Si si, les femmes existent, le jeu de cartes présente 42 femmes, pionnières, compositrices, aviatrices, écrivaines, inventrices, peintres et scientifiques. Nous aurions envie d’ajouter les sportives, les militantes, les révolutionnaires, les philosophes, les pédagogues, les sculptrices, et tant d’autres… D’ailleurs un répertoire évolutif complète le jeu sur le site, que tout le monde peut contribuer à enrichir : « Il s’offre comme un outil pour composer son panthéon intime, parce que nous avons besoin de modèles auxquels nous identifier pour prendre nos envols. »

Ayant donc décidé de me procurer le jeu, je peux témoigner que les discussions familiales engendrées par une première partie ont été formidables. Supposant que dans d’autres situations éducatives, ludiques, militantes ou culturelles, elles le seraient tout autant, je ne peux que saluer cette formidable initiative (12 euros chez les libraires listé·e·s sur le site) et partage ici à la fois une idée de cadeau, une opportunité de se cultiver, un nécessité de s’identifier, un impératif d’égalité. Parce que si, si, les femmes existent.

 

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