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Colloque “Genre et jeunesses” à l’ENS de Lyon

11 octobre 2016 @ 20 h 30 min - 14 octobre 2016 @ 12 h 00 min

$50

Les 8èmes rencontres Jeunes & Sociétés en Europe et autour de la Méditerranée : « Genre et jeunesses »

11 octobre 2016 – 14 oct. 2016, à l’ENS de Lyon, dans le bâtiment Buisson (accès direct au 19 allée de Fontenay ou accès via le site Descartes, 15, parvis René Descartes) 69007 Lyon 

Extraits du programme  et thèmes des ateliers : (accès au programme complet)

Mardi 11 octobre

  • 20h30 – Projection de Bande de filles, long métrage de Céline SCIAMMA, au théâtre Kantor de l’ENS-Lyon / Débat avec Carine GUERANDEL (Sociologue, U. de Lille) autour de son ouvrage Le sport fait mâle. La fabrique des filles et des garçons dans les cités(PUG 2016).

Mercredi 12 octobre (début 9h30)

  • 11h-12h30 – Séance plénière n°1 / Conférences de Michel BOZON (Sociologue, INED) et de Régis REVENIN (Historien, U . Paris-Descartes) sur les « paniques morales » autour des sexualités juvéniles.

14h-16h30 – 4 ateliers en parallèle

  • Atelier 1 – L’orientation scolaire et l’enseignement supérieur face au genre
  • Atelier 2 – Les rapports de genre à l’école
  • Atelier 3 – Construire son identité de genre
  • Atelier 4 – Engagement face au genre et genre militant
  • 17h-18h30 – Séance plénière n°2 / Conférence d’Isabelle CLAIR (Sociologue, Paris-Est Nanterre), Nicolas RENAHY (Sociologue, INRA) et Vulca FIDOLINI (Sociologue, U. de Strasbourg) sur le genre et les rapports sociaux de sexe dans les jeunesses de milieux populaires.

Jeudi 13 octobre

  • 9h-12h – 6 ateliers en parallèle :
  • Atelier 5 – L’injonction au genre
  • Atelier 6 – Le genre des débuts de carrière
  • Atelier 7 – Quand les professionnel.le.s de l’éducation construisent le genre
  • Atelier 8 – La part du genre dans les loisirs et pratiques culturelles juvéniles
  • Atelier 9 – L’Etat du genre : institutions et action publique
  • Atelier 10 – Relations amoureuses, sexualités, conjugalités
  • 14h-16h30 – 4 ateliers en parallèle :
  • Atelier 11 – Les précarités juvéniles au prisme du genre
  • Atelier 12 – Le genre dans les groupes professionnels
  • Atelier 13 – Devenir autonome, une histoire d’âge et de genre
  • Atelier 14 – Les constructions familiales du genre
  • 17h-18h30 – Séance plénière n°3 / Conférence de Jean-Sébastien EIDELIMAN (Sociologue, U. Lille 3), V. LE GOAZIOU (Sociologue, U. Aix-Marseille), Véronique BLANCHARD (Resp. Centre d’exposition « Enfants en justice », ENPJJ) et David NIGET (Historien, U. d’Angers) sur les délinquances juvéniles.

Vendredi 14 octobre

  • 9h-11h30 – Table-ronde « Révolutions et renouveaux féministes dans le monde arabe » 

Appel original (version française)

“Polémique engendrée par l’expérimentation des ABC de l’Egalité promouvant un travail éducatif sur les stéréotypes de genre dès l’école maternelle, médiatisation du harcèlement de rue, controverses sur les risques que les couples homosexuels feraient encourir aux enfants dont ils revendiquent la procréation et l’éducation en famille : ces questions vives qui jalonnent régulièrement l’actualité soulignent combien il est aujourd’hui nécessaire que les Rencontres se penchent sur le poids de la variable « sexe » dans la construction sociale des jeunesses comme groupes d’appartenance, et dans l’élaboration socio-institutionnelle de leurs parcours d’autonomisation.

A la différence de la conception naturalisante d’un pôle féminin ou masculin, les sciences sociales conçoivent le genre à la fois comme un processus lié à des rapports de sexe et comme une identité évolutive qui caractériserait les sexes l’un par rapport à l’autre. Le sexe n’est donc pas seulement une variable explicative des comportements sociaux ou un critère d’identification de soi et des autres, il est plus généralement un principe de classement et de perception à travers lequel les acteurs sociaux interprètent leur environnement et leurs interactions.

Or les jeunesses, en tant que groupes affinitaires et sociaux et en tant que moments biographiques, éclairent d’un jour particulier l’élaboration des identités genrées et des rapports sociaux de sexe. D’abord parce que les représentations du féminin et du masculin en tant que catégories de pensée et de classement se construisent lors des primes socialisations, et c’est en famille, à l’école et entre pairs que garçons et filles intériorisent des manières d’être et de penser qu’ils/elles attribuent à chaque genre. Ensuite parce que l’entrée dans la sexualité active qui caractérise (entre autres rites initiatiques) la fin de l’enfance permet d’examiner la variabilité des normes qui encadrent les comportements sexuels des jeunes générations. On sait combien les trajectoires scolaires peuvent donner à voir des différenciations sexuées qui nécessitent de questionner la force des stéréotypes sur les choix d’orientation ou même les représentations de compétences sexuellement distinctes. L’insertion professionnelle, rendue plus difficile en conjoncture de fort chômage juvénile, est aussi parcourue d’inégalités de genre et mérite par exemple que l’on s’attarde sur les raisons comme sur les effets à moyen terme des autocensures – notamment féminines. Les engagements et les militantismes juvéniles traduisent aussi des « jeux de genre » qui permettent en partie de décrypter les positions et les trajectoires. Enfin, c’est bien parce qu’on a aujourd’hui conscience que la variable de sexe et le rapport de genre apportent un gain d’intelligibilité puissant à la lecture des régulations sociales que les politiques publiques qui s’adressent aux jeunes générations, examinent l’accès des deux sexes à l’espace public, à la consommation de services sociaux ou culturels, et tentent parfois d’atténuer le « gender gap ».

En s’attachant à dénaturaliser la perception des féminins/masculins et à examiner à la loupe les phénomènes de domination dans les relations entre groupes sociaux, la sociologie apparaît comme une discipline privilégiée lorsqu’on s’intéresse aux rapports sociaux de sexe – mais elle n’est pas l’unique discipline experte. Aussi les jeunesses méritent-elles d’être lues au prisme de la « valence différentielle des sexes » par les sciences sociales dans leur diversité – c’est en tous cas l’ensemble de ces regards ouverts à la pluridisciplinarité, que souhaitent convoquer ces huitièmes Rencontres. En outre, la richesse actuelle des travaux scientifiques sur les questions de genre permet aussi de décliner les questionnements par ailleurs récents sur l’intersectionnalité des identifications, sur l’émergence de revendications masculinistes, sur les recompositions de l’assignation de genre au regard des dominations de classe, de race et de sexe, sur les vicissitudes du gendermainstreaming, ou encore sur la place du genre dans les violences sexuelles. Pourront ainsi être abordées les diverses modalités selon lesquelles les jeunes « fabriquent » le genre et les conditions sociales, économiques, historiques, psychologiques des rapports sociaux de sexe au jeune âge – qu’il s’agisse des inégalités de rôles dans la famille, des relations entre pairs, des consommations culturelles, des trajectoires scolaires, de l’insertion sur les marchés du travail, des sexualités et des parentalités juvéniles, des dispositifs de représentation et d’égalité des droits…

Si l’attention porte ici davantage sur les jeunes engagés dans les rapports sociaux de sexe, il s’agira d’aborder trois aspects primordiaux : la socialisation primaire, l’expression des inégalités de sexe et les politiques publiques. Considérant plus précisément…

  • …la socialisation primaire : il s’agira de cerner le travail éducatif (familial, scolaire, entre pairs) d’assignation aux rôles de sexe, d’en proposer une description précise et d’en rechercher les disparités et les recompositions afin de circonscrire à la fois les permanences et les changements en cours.
  • l’expression des inégalités de sexe : il conviendra non seulement de décrire les situations de disparités objectives mais aussi d’analyser les sentiments subjectifs d’injustice et de discriminations, ou encore de comprendre la différenciation des parcours. La question du cumul des inégalités entre sexe, race et classe, la transformation des processus inégalitaires devront notamment être interrogés.
  • …des politiques publiques : la question des « droits » constitue un aspect essentiel de l’analyse des rapports socio-économiques de sexe, il s’agira avant tout de mettre les dimensions et les formes des inégalités en relation avec la construction des discriminations légitimes, c’est-à-dire le caractère restrictif ou, au contraire, favorable de ces politiques.

Ces pistes pourront être abordées à partir de différents points de vue théoriques et disciplinaires (sociologie, économie, psychologie sociale, histoire, géographie, philosophie, etc.) ; elles pourront aussi être abordées selon différents points de vue nationaux. Il s’agira, en somme, de favoriser une approche à la fois internationale et transdisciplinaire des représentations et des rapports sociaux de sexe. “

(…)

  • 
Ces RJS8 sont initiées par le laboratoire Triangle (UMR 5206) et le Centre Max Weber (UMR 5283), les rencontres sont co-organisées avec 
l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep).

Détails

Début :
11 octobre 2016 @ 20 h 30 min
Fin :
14 octobre 2016 @ 12 h 00 min
Prix :
$50
Catégorie d’Évènement:
Étiquettes Évènement :
, , , , ,
Site Web :
http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article5835

Lieu

Maison des Solidarités
215, rue Vendôme
Lyon, 69003
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Téléphone :
04 72 41 98 24
Site Web :
http://maisondessolidarites.org/