En 2013, nous avons rassemblé des savoirs-clés Genre et éducation sur lesquels peuvent s’appuyer tou·te·s les professionnel·le·s de l’éducation, en particulier celles et ceux exerçant auprès d’enfants de moins de 10 ans.

Sont nées 10 fiches thématiques de 4 à 6 pages réalisées par Marie Pachoud.

Le jeu complet des 10 fiches Savoirs-clés d’EgaliGone est transmis sur demande en version couleur imprimée :

prix libre à partir de 20 euros + 4,30 euros de frais de port en cas d’envoi.

La fiche introductive Genre et éducation : Savoirs généraux est disponible en ligne (en PDF), et la voici retranscrite ci-dessous.


Le saviez-vous ? Les savoirs clés d’EgaliGone en 10 fiches

GENRE & EDUCATION : Savoirs généraux

Afin de vous guider dans l’adoption de pratiques éducatives égalitaires, L’Institut EgaliGone a conçu 10 fiches « Le saviez-vous ? » qui proposent des savoirs théoriques, des connaissances pratiques et des solutions simples pour aller vers plus d’égalité.

Cette série de « Savoirs-clés » a été créée en juin 2013 par Marie Pachoud.

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Vous trouverez notamment dans ce document :

Des résultats d’études en sociologie et psychologie sociale

Des réflexions de chercheur.e.s spécialistes de la question

Les constats

L’enfance, période d’apprentissage des rôles sexués

C’est pendant l’enfance que l’individu apprend les codes de la société sur lesquels il s’appuiera ensuite pour construire sa vie adulte. Dès le plus jeune âge, les enfants cherchent à identifier les normes et à les reproduire par l’observation et l’imitation des adultes qui les entourent. Leur comportement sexué se construit de cette manière, en trois étapes.

Les enfants ont un apprentissage progressif du masculin et du féminin :

  • L’identité de genre : de 0 à 2 ans, les enfants identifient le sexe d’un individu par des éléments de son apparence : la coiffure, les habits… Un homme avec des cheveux longs sera par exemple vu comme une femme.
  • La stabilité de genre : de 3 à 4 ans, les enfants comprennent que le sexe est une donnée permanente dans le temps (les filles deviendront des femmes, les garçons des hommes) mais pas selon la situation : un garçon avec une jupe sera perçu comme une fille, puis à nouveau comme un garçon une fois en pantalon.
  • La constance de genre : vers 5-7 ans, les enfants intègrent que le sexe est une donnée constante quelle que soit la situation et qui dépend d’un critère biologique, l’appareil génital. (Kohlberg, 1966)

L’importance de l’entourage dans l’apprentissage sexué

Avant 5-7 ans, « les enfants sont convaincus que l’on est un garçon ou une fille en fonction de ses comportements, attitudes, apparences, etc. Aussi vont-ils accorder une attention particulière à leur environnement social pour essayer de décrypter, déduire ce qui relève de chaque sexe.» (Dafflon-Novelle, 2006, p. 316)

Le rôle-clé des structures d’accueil de la petite enfance

La construction sexuée des enfants est ainsi déterminée par leur entourage, c’est-à-dire par leur famille mais aussi par les professionnel.le.s de la petite enfance, qui véhiculent des normes dans leurs propos, leurs comportements et les activités qu’ils et elles proposent.

Dès lors, comme le souligne la sociologue E. Ferrez, les professionnel.le.s de l’enfance « occupent une position unique pour contrecarrer» les inégalités sexuées, par le biais d’une éducation non-sexiste.

L’école, un lieu de transmission des normes

« En même temps que sont transmis des contenus d’enseignement et que se font des apprentissages discipli-naires, s’opèrent des appren-tissages sociaux, se transmettent des modèles, des représentations, des comporte-ments, des rôles, des valeurs, des positions, s’apprennent et se remanient des identités de sexe. » (Mosconi, 1999).

Les effets positifs d’une éducation non-sexiste

Une expérimentation en psychologie-sociale a montré que chez des enfants de 3-5 ans, une exposition prolongée à un programme non-sexiste peut changer leurs conceptions stéréotypées et leurs représentations des rôles des enfants et des adultes (Koblinsky, Sugawara,1984)

Or, nous vivons dans une société qui hiérarchise les sexes en les séparant et en leur donnant une valeur différente, une société où il y a des inégalités entre les sexes (F. Héritier). Si on ne fait rien, on véhicule ces valeurs différentes : on est « sexiste par abstention » (M. Duru-Bellat).

Il faut ainsi adopter une posture volontariste sur la question pour arriver à dispenser aux élèves une éducation non sexiste. Il est donc important d’être vigilant et de se former sur la question.

Pourquoi une éducation non sexiste ?

Une éducation non sexiste permet d’amener les enfants, garçons comme filles, à s’émanciper des contraintes véhiculées par les stéréotypes de sexe. Eduquer les enfants hors de ces stéréotypes permet de développer leur autonomie, leur confiance, leurs envies et leurs potentiels quel que soit leur sexe et dans tous les domaines, et ainsi de créer les conditions de l’égalité fille-garçon.

L’Éducation nationale a reconnu que cette égalité est « une obligation légale et une mission fondamentale » à l’école. L’Éducation nationale est aussi signataire depuis 2000 d’une convention interministérielle pour l’égalité des filles et des garçons, des femmes et des hommes dans le système éducatif. L’égalité des filles et des garçons est d’ailleurs un principe constitutionnel.

Lexique

Stéréotype sexué : c’est une caractéristique que l’on attribue de façon abusive à un ensemble de personnes sur la seule base de leur sexe, comme « les femmes sont coquettes » ou « les hommes ne savent pas parler de leurs sentiments ». Les stéréotypes, omniprésents dans notre société, énoncent des généralités qui fonctionnent comme des attentes de comportement et enferment les individus dans des rôles sexués. Ils créent également de l’intolérance vis-à-vis de ceux qui ne s’y conforment pas.

Rôles sexués : ce sont les comportements des hommes et des femmes attendus dans notre société. Par exemple, on attend plus des femmes qu’elles s’occupent des enfants en bas âge et des hommes qu’ils soient courageux. La distribution de ces rôles n’a pas de fondement légal ou biologique ; elle repose sur les stéréotypes qui sont associés aux hommes et aux femmes. Ce faisant, ces rôles sexués entravent le libre développement des individus, en favorisant un développement en fonction des attentes stéréotypées et non de la personnalité de chaque personne.

Bibliographie

DAFFLON NOVELLE A, 2006, « Littérature enfantine : entre image et sexisme », in Filles-garçons. Socialisation différenciée ?, Grenoble, PUG

DURU-BELLAT M., 2008 « La (re)production des rapports sociaux de sexe : quelle place pour l’institution scolaire ? », Travail, genre et sociétés, La Découverte, n°19

FERREZ E., 2006, « Education préscolaire : filles et garçons dans les institutions de la petite enfance », in DAFFLON-NOVELLE A., Filles-garçons. Socialisation différenciée ?, Grenoble, PUG

KOBLINSKY S. A., SUGARAWA A. I., 1984, « Nonsexist curricula, sex of teacher, and children’s sex role learning », Sex Roles: A Journal of Research, l0(5-6), 357-367.

KOHLBERG, L., 1966, « A Cognitive-Developmental Analysis of Children’s Sex-Roles Concepts and Attitudes », in MACCOBY E. (Ed.), The Development of Sex Differences, Stanford, Stanford University Press

MOSCONI N., 1999, « Les recherches sur la socialisation différentielle des sexes à l’école », in LEMEL Y., ROUDET B., Filles et Garçons jusqu’à l’adolescence, socialisations différentielles, Paris, L’Harmattan

Des savoirs-clés pour comprendre et agir

Des savoirs-clés déclinés par thème :

GENRE & EDUCATION : Savoirs généraux

Les jouets – Les médias numériques – La littérature jeunesse – Les manuels scolaires et supports de cours – Les matières scolaires – L’usage de la langue – L’éducation corporelle – Le partage de l’espace : en classe – Le partage de l’espace : en récréation

Des études scientifiques

EgaliGone a construit les savoirs-clés à partir de travaux de sociologie et de psychologie sociale. Vous y trouverez :

Des chiffres / Des faits marquants

Des résultats d’études en sociologie et psychologie sociale

Des réflexions de chercheur·e·s spécialistes de la question

Des pistes d’action

Ces synthèses livrent des solutions simples pour une éducation non sexiste et vous orientent vers des outils existants.

Connaître pour mieux agir

Ces fiches permettent de connaître et de reconnaître les différents stéréotypes et inégalités qui peuvent exister dans les structures d’accueil de l’enfance et leurs multiples conséquences sur les filles et les garçons. Toutes ces connaissances permettent aux professionnel·le·s de réfléchir à leurs propres pratiques et de saisir où, comment et pourquoi le changement peut intervenir.

Une variété de domaines abordés

Chaque fiche aborde un thème ou une activité qui font partie du quotidien de la pratique enseignante, afin que chaque professionnel·le puisse faire le point sur sa pratique dans tous les domaines et mieux cerner les actions spécifiques à mettre en œuvre selon le contexte.

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