Résultats et restitution de l’enquête :

« Ecole et égalité entre les sexes, le regard des équipes éducatives en Rhône Alpes »

Une enquête par questionnaire a été initiée fin 2011 auprès des équipes éducatives en Rhône Alpes. Dans le cadre de la Quinzaine de l’Égalité organisée par la région Rhône-Alpes, vous avez été convié-e-s par l’État en Région et ses partenaires à l’évènement : « Ecole et égalité entre les sexes, le regard des équipes éducatives »
. Cette restitution a eu lieu les après-midis du 10 octobre (Grenoble) et du 17 octobre (Lyon) 2012. Elle a été introduite par Muriel Salle avec le thème Égalité et inégalités de sexe dans l’éducation.

Résumé des interventions :

La question de l’égalité des sexes à l’école est d’actualité. En témoigne notamment la publication par le Ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon et la Ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem d’une tribune prônant « L’égalité au cœur de la refondation de l’école » (27 septembre 2012). Les engagements gouvernementaux sont anciens, depuis la loi Haby de 1975 consacrant la mixité des sexes à l’école sans jamais lâcher le mot, jusqu’aux deux conventions interministérielles de 2000 et 2006 « pour l’égalité des filles et des garçons, des femmes et des hommes, dans le système éducatif ». Pourtant, l’école républicaine est toujours le théâtre de discriminations sexistes plus ou moins criantes. Malgré certaines croyances, le terme élève n’est pas un substantif neutre.
Comment doter les enseignant.e.s des savoirs et « réflexes » éducatifs développant une culture de l’égalité ? Appréhender le regard des équipes éducatives sur l’égalité permet d’élaborer des réponses. Environ 3500 personnes en Rhône Alpes, majoritairement enseignant.e.s, ont répondu en novembre 2011 à l’enquête “Égalité et enseignement : le regard des équipes éducatives” initiée par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité, en partenariat notamment avec les rectorats de Lyon et Grenoble, l’Université Lyon2 (Groupe de Recherche En Psychologie Sociale) et l’Institut EgaliGone.
Ses résultats présentés à Grenoble et à Lyon les 10 et 17 octobre 2012 révèlent que seulement 14% des équipes du secondaire s’estiment formées sur ce thème (Rhône Alpes) et 12% dans le primaire (Rhône). Des équipes concernées mais peu outillées, une faible mobilisation malgré des difficultés vécues par le plus grand nombre, des attentes exprimées mais un sujet estimé secondaire en regard d’autres priorités… Voici quelques paradoxes mis en évidence, en complément d’une grande diversité des postures : volontaire, hésitante, résignée, surchargée ou encore non consciente. Parmi les freins à l’engagement, les répondant.e.s expriment une forte méconnaissance des dispositifs en place, ainsi qu’une adhésion relative aux moyens d’action proposés. La promotion des filières scientifiques auprès des filles est ainsi dénoncée comme à sens unique (attire-t-on les garçons dans les filières santé/social ?) et contreproductive (en survalorisant le masculin), alors que les difficultés vécues en secondaire semblent concerner les relations filles-garçons. L’égalité, thème perçu comme ajouté (et non transversal) à la discipline enseignée, est également envisagée comme une charge de travail supplémentaire, vaine (car relevant d’autres sphères) ou non prioritaire.
Pour accompagner les enseignant.e.s, nous préconisons notamment de : * Prévoir un accompagnement pluriel dans ses contenus et ses formes, associant pleinement les équipes éducatives jusque dans leurs pratiques pédagogiques (in situ), adapté à la variété des niveaux d’implication. * S’appuyer sur les expériences et compétences en place au sein de l’ensemble de la communauté éducative. * Intégrer le regard et les pratiques-genre dans les dispositifs de formation et d’accompagnement existants (formation initiale et continue, rôles et attributions spécifiques des professeur.e.s principaux/ales, les assistant.e.s d’éducation et les délégué.e.s de classe) et dans tout dispositif professionnalisant. Exemples dans les plans de formation académiques : « autorité et gestion éducative de la classe » ou « filmer pour enseigner et apprendre mieux ». * Sensibiliser les équipes dès le primaire, pour des relations et des parcours scolaires et professionnels plus mixtes et égalitaires, pour filles ET garçons. Rappelons néanmoins que l’engagement des personnes facilite leur apprentissage, le contexte professionnel pouvant constituer un facteur d’engagement important. Or, plusieurs répondant.e.s soulignent le chemin à parcourir pour qu’en matière d’égalité, la mission confiée à ses équipes et ses actes d’Institution employeuse soient en cohérence. Une démarche d’égalité professionnelle volontariste, transparente, affirmée, permettrait de partager collectivement vision de l’égalité, difficultés et capacité d’agir, tout en suscitant des initiatives légitimées par une ambition partagée et mise en actes par toute la chaîne éducative.

Les synthèses des résultats de cette enquête sont sur ce blog, avec l’autorisation de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité en Rhône Alpes, initiatrice et et porteuse de ce projet pour l’Etat en Région.

SGAR_2013_conclusions_groupe_de_travail_Enquete_Egalite_Enseignement_en_Rhone-Alpes (hors commentaires primaire et secondaire) – Ajout du 24 avril 2013

Visuels Résultats :

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Visuels propositions présentés le 17 avril 2013 aux chef-fe-s d’établissement de l’académie de Lyon :

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Synthèses :

Secondaire et lycées agricoles publics en région Rhône Alpes (2489 réponses)<

Primaire (929 réponses) et le secondaire (350 réponses) dans le Rhône<

Commentaires des répondant.e.s :

Commentaires formulés par les répondant.e.s du 1er degré dans le département du Rhône

Présentation égalité, inégalités et système scolaire :

Présentation de Muriel Salle faite en introduction de la restitution publique sur l’école et ses inégalités (autorisation donnée par Muriel Salle le 13/11/2012)

Lien vers la communication qu’en fait l’académie de Lyon sur son site

 L’analyse des résultats a fait l’objet d’une aide financière de l’Etat en Région (Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité) pour un montant de 4000 euros, qui ont permis notamment de financer l’indemnité de stage d’Élodie Brisset, Master 2 de psychologie sociale et du travail à Lyon2. 540 heures bénévoles ont également été comptabilisées pour EgaliGone.

 

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