Marilyne Uliana est enseignante-documentaliste au lycée Rosa Parks de Neuville sur Saône. A son initiative, notre exposition initulée « Effets de la socialisation des filles et des garçons : l’exemple de la mise en danger de soi » y a été présentée pendant la quinzaine régionale de l’égalité, courant octobre 2014. Seulement une heure par classe a été prévue, ce qui est plus court que le temps que nous conseillons, mais lui permettait de prendre en charge l’animation de la séquence. Voici le bilan qu’elle en a fait :

Photo Marilyne Uliana
Photo Marilyne Uliana

 » L’exposition a été installée au CDI du lycée du 7 au 17 octobre 2014, pendant la Quinzaine régionale pour l’égalité femmes-hommes. Elle a mobilisé une dizaine de collègues : SES, histoire-géographie, français, SVT, physique-chimie, anglais. Douze classes, soit environ quatre cents élèves, ont profité de l’exposition : 7 classes de seconde, 4 classes de 1ère (L, ES, S), 2 classes de terminale (L et S).

Les classes ont été accueillies en demi-groupe, sur une heure de cours. Pendant la première moitié, les élèves visitaient l’exposition et prenaient quelques notes guidées par un questionnaire réalisé par la documentaliste. Dans un deuxième temps, un moment d’échange s’engageait à partir des notes prises par les élèves. Il s’agissait, à partir d’informations sur les prises de risque, de dégager les normes de comportements adoptés par les filles et les garçons, de retrouver les stéréotypes correspondants et les discriminations sexistes dont ils sont le terreau. Afin de prévenir toute prise à partie volontaire ou involontaire, les élèves avaient pour consigne de ne pas citer de nom d’élèves de la classe lors de ce temps d’échange. J’ai animé quinze séances et en mon absence, deux collègues ont animé seuls leurs séances. Le guide d’accompagnement réalisé par l’association Egaligone a été une aide précieuse pour bien définir les thèmes et les enjeux de l’exposition.

Globalement, les élèves ont apprécié l’exposition, notamment pour les informations qu’elle apporte sur les prises de risque et pour les exemples qu’elle donne sur les facteurs de socialisation particulièrement inconscients et anecdotiques à première vue, tels que l’orientation du port des bébés selon leur sexe ou le rôle des vêtements et des jouets. Les filles de première et de terminale ont plus facilement évoqué les situations sexistes auxquelles elles sont confrontées au sein de l’établissement ou à l’extérieur. Beaucoup ont apprécié ce court temps de parole et auraient souhaité qu’il soit plus long. Notons que même les élèves, filles et garçons, qui avaient déjà bénéficié d’une sensibilisation au sexisme au collège participaient volontiers et ont trouvé l’exposition intéressante.

Les principales réticences sur le sujet exprimées par les élèves concernaient leur conviction d’être libres et leur certitude que les discriminations sexistes sont une question du passé qui ne concerne pas leur génération : un tour de parole à tou·te·s les élèves permettait de dégager d’autres points de vue à ce sujet. A une occasion, un groupe d’élèves de terminale a justifié (dans le sens de « trouvé acceptables ») les écarts de salaire entre femmes et hommes, en raison des congés que prendrait une femme pour les grossesses et les premières années des enfants. Le sujet d’actualité qui revenait le plus régulièrement était celui de la garde des enfants lors de la séparation des parents qui se ferait en défaveur des pères. Notons que pour éviter toute confusion, je n’ai pas employé le mot « genre » s’il n’était pas employé par les élèves, préférant m’attarder sur des notions plus efficaces : stéréotypes, discriminations, sexisme.

En conclusion, aborder ces sujets grâce à un support tel que l’exposition donne une distance bien utile pour traiter de sujets qui ont une dimension très intime. Au vu des réactions exprimées par les élèves, il semble qu’un temps de discussion plus conséquent serait le bienvenu pour approfondir ces vastes questions. Enfin, il serait sans doute bénéfique de multiplier ces temps tout au long de la scolarité des élèves au lycée, avec des angles ciblés selon les âges. »

Un immense merci à Marilyne Uliana pour cette restitution, et son intérêt porté à notre ressource : grâce à l’initiative d’une seule personne… plus de 10 adultes et 400 adolescent·e·s ont été atteints !


Lien vers l’article publié sur le site du lycée par l’enseignante-documentaliste

 

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