Les propos d’Ophélie ont été recueillis par Violaine

Retour sur les Olympes de la parole

Ophélie, membre d’EgaliGone depuis 2018 (mais aussi assistante d’éducation avec une mission de médiation dans un collège de Villeurbanne), a représenté l’Institut EgaliGone en mars dernier dans le jury académique 2019 du concours des Olympes de la parole. Pour mémoire, cette initiative de l’Association Française des Femmes Diplômées de l’Université en partenariat avec l’Éducation Nationale propose chaque année un sujet, en général sur la place des femmes ou la mixité dans un domaine ou un lieu particulier, dont peuvent s’emparer des élèves avec une partie de l’équipe éducative, sous la forme d’un dossier et d’une présentation orale illustrative, le plus souvent théâtralisée.

Pourquoi as-tu accepté cette mission ?

C’est un public que je connais bien, parce que je travaille dans le milieu de l’éducation depuis plus de cinq ans. J’étais curieuse de voir comment les jeunes s’appropriaient un sujet sur les relations femmes-hommes de façon générale, et idem pour l’équipe éducative.

Il s’agissait aussi de prendre des idées pour s’emparer d’un tel projet dans un de mes établissements. Des questions particulières se posent avec un public adolescent.

Quel était le thème de l’année ?

Il portait sur la place des femmes et des filles dans l’espace public. (lien vers notre brève sur le sujet)

Combien de collèges ont participé pour l’Académie de Lyon ?

Trois collèges cette année.

Quelle a été ton impression à la lecture des dossiers ?

Je les ai trouvés assez complets. J’ai identifié assez facilement quand le dossier était rédigé plutôt par les élèves ou plutôt par les enseignant·e·s. Bien sûr, on sentait la fragilité, notamment des sources, quand les élèves avaient rédigé, mais en revanche, leur appropriation du sujet était plus convaincante.

L’appropriation était bonne globalement mais différente selon les collèges, on l’a vu à l’oral.

Et l’oral ? Comment cela s’est-il déroulé ?

Tous les groupes avaient préparé des saynètes. Les thèmes choisis étaient assez différents d’un collège à l’autre.

Le premier groupe a décrit une scène dans le cadre de l’école, en restauration scolaire : des garçons prenaient toute la place et ne voulaient pas se décaler (ils avaient échangé leur rôle ; des filles incarnaient des rôles de garçons et réciproquement).

Dans le deuxième groupe, les réseaux sociaux et leur répercussion dans la rue étaient les lieux publics choisis. Deux filles en soirée postaient une photo sur Instagram. La photo était repérée par deux garçons, qui les ont agressées (séparément) quand elles sont rentrées de la soirée. Ils les avaient suivies entre la soirée et chez elles.

Pour le troisième groupe, le thème du sport a été choisi. Une fille et un garçon ont gagné une médaille. Comme sur la photo on voyait à peine la fille, celle-ci s’étonne auprès de garçons qui font des remarques sexistes sur les sportives. En effet, malgré sa très bonne performance, comme l’est aussi celle des filles sportives de son club, elle n’est pas valorisée sur la photo, ce qui ne fait qu’illustrer ce qui se passe en général dans les médias.

On a posé des questions aux élèves, sur le sujet et sur leurs relations en classe. Une discussion a suivi.

Je me souviens également d’un groupe avec des ados timides, dans un collège accueillant plutôt des enfants de milieu favorisé. Leur enseignante avait un peu porté le projet à bout de bras. Les deux autres classes étaient plus extraverties ; ils avaient mis beaucoup de leurs expériences personnelles. L’un avait beaucoup de sportives dans la classe, leur vécu, leur quotidien était très présent. Quant à l’autre, qui abordait la violence, il s’agissait d’un collège prioritaire, qui retraçait aussi du vécu. Ces collèges avaient choisi un sujet qui leur tenait à cœur.

Les adultes à l’initiative du projet et qui ont accompagné les élèves, plutôt des femmes, enseignaient le latin, l’histoire-géographie, le français ou exerçaient en tant que CPE il me semble. Les hommes présents étaient plutôt des accompagnateurs.

Comment s’est passée la délibération ?

Le jury local était composé de deux hommes (dont un de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’ É galité) et trois femmes (dont l’Académie de Lyon et l’Institut EgaliGone).

On avait un tableau avec nos prises de notes. On a évoqué les points positifs et les points sensibles et si les consignes du concours étaient respectées. Nous n’étions pas d’accord entre nous mais après un échange on a finalement opté pour le groupe qui s’était le mieux approprié le sujet. C’était important de considérer le groupe en entier, c’est un sujet collectif.

Autre chose ?

C’était une bonne expérience et j’étais contente de savoir que ce type d’initiative existe et de voir comment elle se concrétise.

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Pour l’année 2019-2020, les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 10 janvier 2020, et le sujet est : « Comment l’égalité entre les femmes et les hommes progresse-t-elle dans l’Union européenne ? À partir d’un ou plusieurs exemples concrets, illustrez la manière dont l’UE et ses pays membres luttent contre les inégalités de genre : Quels freins ? Quels progrès ? Quelles idées pour demain ? »

Plus d’informations là : https://www.associationdesfemmesdiplomees.fr/nos-actions/olympes-de-la-parole/

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