Par Florence Françon

Attention ! Usage transgressif et inventif de notre langue. Toute liberté prise avec le langage est purement volontaire. 

Et si La Petite Sirène pouvait parler ?

(Enfin) une occasion offerte par Typhaine D. dans sa[1] merveilleuse spectacle Contes à rebours.

En donnant la parole à celles dont le visage et l’apparence suffisent généralement pour (faire) parler d’elles, les princesses et autres héroïnes de contes, Typhaine D. entend bien remettre à leur place ces histoires si déséquilibrées, injustes et violentes transmises de génération en génération…

À l’occasion du 25 novembre, journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la Mairie du 18e arrondissement de Paris proposait une rencontre en ligne avec Typhaine D. et sa fabuleuse équipe, accompagnées de Shéhérazade, Cendrillon, Paule-Anne (surnommée Peau d’Âne avec si mauvais goût par un homme), La Petite Sirène, Raiponce ou encore Gretel … oui rien qu’elles ! Et encore, elles n’étaient pas toutes là, ces petites filles, ces femmes ordinaires, ces héroïnes présentes dans les contes et autres récits qui ponctuent l’enfance.

Ce jour-là, Typhaine D. a proposé une version réduite de sa création, adaptée à la thématique proposée par la Mairie du 18e de Paris : les violences patriarcales chez les jeunes. Une formidable performance accompagnée de musiques composées et interprétées en direct au piano par Lauriane Theullier, devant des illustrations et un décor spécialement créés pour l’occasion par Juliette Mercier.

Une heure d’interventions contées, chantées, clamées pour enfin donner l’espace et le temps qu’elles méritent à ces témointes des violences continues, courantes et latentes qui fondent les relations et les interactions entre les personnages féminines et masculines dans les histoires. Eh oui, depuis leure place, ces histoires n’ont rien de magique, féérique, rêvée…

Une heure de rires … parfois gênées, souvent révoltées … toujours sincères pour prendre le recul nécessaire à l’analyse des images et des représentations si profondément ancrées dans nos esprits et nos corps. Mercie à ces artistes engagées, mercie aux organisatrices d’événements qui font bouger les lignes et surtout mercie aux principales concernées, ces héroïnes de notre quotidienne 😉

  • Leure donner la parole ? Mieux, leure / noues rendre femmage !

Photo réalisée pendant la diffusion du spectacle de Typhaine D. le 28/11/2020 – Gretel s’exprime et elle en a … des torts à dénoncer, des actions à revendiquer et des mobilisations à encourager !

Retrouvez les créations de Typhaine D. : https://typhaine-d.com


[1] Typhaine D. ne bouscule pas seulement l’ordre établi dans les contes, elle est aussi une fervente défenseuse d’une utilisation de la langue par et pour les femmes ! Osons déstructurer et reconstruire à notre image une façon de noues exprimer qui noues ressemble ! J Les usages de la langue française étaient, par ailleurs, bien plus égalitaires avant (l’instauration ?) l’imposition des règles édictées seules par l’Académie française.

Retrouvez la drôle et passionnée Pérille mortelle de Typhaine D : https://www.youtube.com/watch?v=RPKBzU0OERQ&feature=youtu.be

Pour en savoir plus sur l’histoire de la langue française et ses usages, nou.e.s vou.e.s conseillons les travaux et ressources partagées par Éliane Viennot : http://www.elianeviennot.fr/Langue-mots.html

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