Sandra Hüller ( Ines) dans TONI ERDMAN

LES MEILLEURS DE 2016 selon RAPHAËL JULLIEN

Difficile de louer l’année 2016 avec ses attentats, ses dérives populistes, ses disparitions de stars ou encore le succès du pseudo-rappeur Jul. Tant de catastrophes méritent pourtant qu’on s’attache à ce que le cinéma nous a apporté de bon. Or la qualité globale génère une certaine frustration à l’heure du bilan !
En 2016, bonne nouvelle : le cinéma a été très féminin et féministe. Si Cannes a raté l’occasion de donner une successeure à Jane Campion en oubliant de récompenser « Toni Erdmann » (on ne s’en remet toujours pas), plusieurs femmes cinéastes ont marqué l’année : Maren Ade donc, et Houda Benyamina (« Divines »), Leena Yadav (« La Saison des femmes »), Delphine et Muriel Coulin (« Voir du pays »), Ida Panahandeh (« Nahid »), la regrettée Sólveig Anspach (« L’Effet aquatique ») ou encore Céline Sciamma , qui n’a rien réalisé mais proposé deux beaux scénarios (« Ma vie de Courgette » et « Quand on a 17 ans »). Le cinéma continue d’interroger la condition féminine et de bousculer les normes patriarcales, en Inde (« La Saison des femmes », « Déesses indiennes en colère ») en Iran (« Nahid », « Le Client »), en France (« Divines », « Voir du pays », « Les Filles au Moyen Âge »), aux Etats-Unis (« Zootopie », « Carol », « SOS Fantômes ») ou au Vanuatu (« Tanna »). Certains questionnent des thématiques précises comme le mannequinat (« The Neon Demon », « L’Idéal »). Outre ces films, d’autres ont su valoriser leurs héroïnes ou des personnages féminins plus secondaires : « Premier Contact », « Tout en haut du monde », « Les Huit Salopards », « La Loi de la jungle », « Miss Peregrine et les enfants particuliers », « La Bataille géante de boules de neige », « Colonia », voire « 10 Cloverfield Lane », « Adopte un veuf » ou « La Tour 2 contrôle infernale » (si, si).

 
Et on ne le répètera jamais assez : l’inégalité femmes-hommes et les discriminations anti-LGBT sont intimement liées car le fruit de processus identiques. Là aussi, le 7e Art a su apporter de nouvelles illustrations de ces réalités, de l’homosexualité au transgénérisme (outre ceux déjà cités : « Mademoiselle », « La Sociologue et l’Ourson », « The Danish Girl », « Man on High Heels »*, « Ma Loute »). […]

TOP 10 films
1. Toni Erdmann, de Maren Ade
2. Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau
3. Captain Fantastic, de Matt Ross
4. Ma vie de Courgette, de Claude Barras
5. Premier contact, de Denis Villeneuve
6. La Tortue rouge, de Michael Dubok de Wit
7. Zootopie, de Byron Howard et Rich Moore
8. La Loi de la jungle, de Antonin Peretjatko
9. Mademoiselle, de Park Chan-wook
10. Demolition, de Jean-Marc Vallée

FLOP 5 films
1. Les Visiteurs : La Révolution, de Jean-Marie Poiré
2. Gods of Egypt, d’Alex Proyas
3. Independence Day : Resurgence, de Roland Emmerich
4. Un homme à la hauteur, de Laurent Tirard
5. Ma Loute, de Bruno Dumont
 

TOP 5 actrices
1. Jennifer Jason Leigh(Les Huit Salopoards)
2. Kim Tae-ri (Mademoiselle)
3. Alicia Vikander (The Danish Girl)
4. Kate Winslet (Steve Jobs)
5. Elle Fanning (The Neon Demon)

TOP 5 acteurs
1. Peter Simonischek(Toni Erdmann)
2. Leonardo DiCaprio(The Revenant)
3. Eddie Redmayne(The Danish Girl)
4. Shahab Hosseini(Le Client)
5. Mark Ruffalo (Spotlight)

TOP 5 réalisatrices et réalisateurs
1. Maren Ade (Toni Erdmann)
2. Nicolas Winding Refn (The Neon Demon)
3. Park Chan-wook (Mademoiselle)
4. Alejandro González Iñárritu (The Revenant)
5. Danny Boyle (Steve Jobs)

TOP thématique
Les personnages qui ont du clito !
Comme ce thème fait référence à une réplique de « Divines » (« T’as du clitoris ») et à sa variante abrégée dans le discours de sa réalisatrice lors de la remise de la Caméra d’or (« T’as du clito »), ce film est arbitrairement hors classement (HC).
HC. Divines, de Houda Benyamina
1. SOS Fantômes, de Paul Feig (photo ci-contre)
2. Les Huit Salopards, de Quentin Tarantino
3. Man on High Heels, de Jang Jin
4. La Loi de la jungle, d’Antonin Peretjatko
5. égalité : Déesses indiennes en colère, de Pan Nalin / La Saison des femmes, de Leena Yadav

Révélation de l’année 2016
Tout n’est pas mauvais dans « Ma Loute », qui tient plus du ratage que du navet. Si Bruno Dumont gâche le potentiel de son scénario (misanthropie palpable, mise en scène indigeste, absence de maîtrise humoristique, et étrange plaisir à faire mal jouer ses acteurs), une lumière passe entre les gouttes : l’énigmatique Raph, qui exploite à merveille l’ambiguïté sexuelle de son personnage. Espérons que sa carrière ne s’arrêtera pas à ce désolant objet filmique.

 

Pour lire le bilan complet, voir sur le site Abus de ciné : http://www.abusdecine.com/article/les-meilleurs-films-de-2016-selon-raphael-jullien

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