Pour chaque année d’activité et jusqu’à aujourd’hui, nous avons sélectionné un événement important pour l’association, une de nos réalisations ou productions particulières, ainsi qu’une intervention marquante. En 2015, nous avons sélectionné un événement modeste en nombre de participant·e·s mais important pour nous puisque nous avons valorisé le travail d’un de nos soutiens publics dans le tiers lieu qui nous accueillait en résidence. Fort·e·s des constats que nous avions déjà faits sur la faible participation des hommes aux actions pro-égalité des sexes, nous avons décidé d’agir dans la rue sur le sujet, et enfin, cette année-là, une formation initiée en 2014 avec deux partenaires publics qui ont beaucoup compté pour nous, a pris son envol.


L’EVENEMENT : Testons le Guide pour l’égalité hommes-femmes dans les associations

L’institut EgaliGone a eu à cœur, le 25 juin 2015, de relayer une formidable initiative de l’Etat en Région, partenaire de l’association depuis quelques années. Nous étions désormais en résidence à Locaux Motiv’, un tiers lieu autogéré dans le 7ème arrondissement de Lyon regroupant principalement des acteurs et actrices de l’économie sociale et solidaire en co-working. Ce lieu propose un espace temps collectif appelé le Jeudi We : chaque jeudi entre midi et quatorze heures, un·e adhérent·e fait connaître une initiative aux autres adhérent·e·s et résident·e·s du lieu, ainsi qu’aux habitant·e·s du quartier. Ce peut être sous la forme d’un atelier, d’une discussion avec une personne invitée, etc. Nous voici alors, avec Sasha Monneron alors en service civique, proposant un atelier-présentation de la première version d’un guide initié par Claire Lachatre, déléguée du Rhône à la Délégation Régionale pour les Droits des Femmes et l’Egalité, qui permet aux associations de faire un auto-diagnostic sur l’égalité F/H dans leur propre structure. Une dizaine de participant·e·s ont découvert cet outil ce jour-là. De notre côté, nous avons fait notre diagnostic bien sûr, et ne pouvons que constater une fois de plus que la mixité femmes-hommes n’est pas au rendez-vous. C’est d’ailleurs l’objet de la production que nous aborderons ensuite.

Depuis, le guide a grandi : le voici dans sa version nationale actualisée en 2016

Claire Lachatre a accepté de répondre à nos questions.

Quel souvenir as-tu envie de partager sur ce guide ?

« Plus qu’un souvenir, c’est la genèse du guide que je tiens à évoquer ici. L’égalité femmes-hommes concrètement, c’est souvent un point d’interrogation. D’autant que nous faisons de l’inégalité sans le savoir, comme M Jourdain. Au cours de mes accompagnements de structures sur cette question, j’ai souvent remarqué que les personnes étaient démunies dans la mise en œuvre concrète. En dehors de la question d’être à parité dans le conseil d’administration où, là, a priori, les interlocuteurs voient bien de quoi il retourne, c’est le grand silence. De l’autre côté, des études universitaires, des recherches qui mettent en évidence année après année les mêmes constats mais qui ne sont connus que des initiées (c’est presque volontairement que je mets “initiées” au féminin, mais là c’est un autre débat). Il manquait un outil. C’est à ce point de rencontre que les pouvoirs publics peuvent amener une plus-value. L’objectif devient alors : vulgariser les connaissances, diffuser le savoir, faire le lien entre ceux qui mettent en lumière les inégalités du terrain et ceux qui sont sur le terrain et qui dans l’action, ne peuvent faire cette introspection, mettre cette connaissance en format “outil” pratique, point essentiel à mon sens, pour le porteur de projet. Que dois-je connaître sur les inégalités femmes-hommes si je monte un projet culturel ou sportif, à quel paramètre dois-je faire attention ? J’ai donc pensé et construit le guide dans cet esprit. Ensuite, le guide a connu une étape d’élaboration partenariale, une promotion comme Le Jeudi We du 25/06/16 à Locaux Motiv’, a été repéré par le ministère de la vie associative, référencé au Québec…!!

Aujourd’hui, le guide gagnerait à être réactualisé sur les études bien que je crains que, dans la grande majorité des items, la photographie soit peu ou prou inchangée.

Et à être diffusé encore et encore… »

Quelle incidence la création de ce guide a eu pour toi ? :

Claire Lachatre : « Réaliser quelque chose qui apporte, c’est toujours une petite fierté…;-)…jusqu’au Québec en plus… La politique d’égalité femmes-hommes, c’est très particulier : vos interlocuteurs non préparés n’ont pas très envie de réaliser qu’ils discriminent gentiment mais sûrement, de voir ébranler les fondations de leur éducation première, de savoir que la réalité n’est qu’une ombre projetée… Il s’agit de politique mais qui repose sur le cheminement personnel de l’individu en face de vous… Alors, dans ce domaine, je ne crois pas au grand soir, mais plutôt va piano va sano. D’ailleurs, y a-t-il vraiment des grands soirs ou juste des évènements phares qui arrivent au moment où les esprits sont préparés par des mouvements de fond présents depuis quelque temps ? A chacun de voir. »

Que représente EgaliGone pour toi ?

« EgaliGone c’est la démarche essentielle : je vais me répéter mais vulgariser les connaissances, diffuser le savoir, faire le lien entre ceux qui mettent en lumière les inégalités du terrain et ceux qui sont sur le terrain et qui dans l’action, ne peuvent faire cette introspection, mettre cette connaissance en format “outil” pratique : par une exposition sur les inégalités dans la santé, un outil d’autoévaluation dans la petite enfance… »


LA PRODUCTION : Un micro-trottoir sur « Les hommes et l’égalité des sexes »

A l’initiative de Sasha Monneron, alors en service civique à EgaliGone, et avec la contribution de deux membres d’EgaliGone, Jörg Franke et d’Elise Chane, deux équipes ont accueilli des bénévoles d’un jour pour une action de terrain. Puisque très peu d’hommes sont impliqués dans la lutte pour l’égalité des sexes, nous avions eu l’idée de réaliser un micro-trottoir audio dans le cadre de la semaine Tous Lyonnais Tous Solidaires initiée par le Ville de Lyon, le samedi 6 juin 2015, à Saxe-Gambetta, Lyon 7ème. Le sujet ? Mais pourquoi si peu d’hommes engagés dans cette cause ?

Les résultats de cette action ont donc laissé des traces, que nous avons partagées sur une page dédiée de notre site internet, avec les propos des personnes rencontrées dans la rue sous forme audio et en texte.

Jörg Franke, par ailleurs consultant en égalité professionnelle auprès d’entreprises, avait été assez marqué par ces échanges dans la rue… Il a répondu à nos questions.

Qu’as-tu gardé en mémoire à propos cette action ?

« À L’occasion du micro-trottoir, j’étais étonné de voir à quel point les hommes ne se sentaient pas concernés par la question de l’égalité entre les femmes et les hommes. Si je comprends très bien que c’est difficile de se mettre à la place d’une femme qui subit du sexisme et/ou des discriminations, j’ai quand même du mal à comprendre les personnes qui rejettent cette thématique en affirmant que d’égalité entre les femmes et les hommes serait déjà acquise. Il est donc certain que la route du combat est encore longue. »

Que représente EgaliGone pour toi ?

« EgaliGone représente pour moi une organisation qui contribue à alerter et à réduire les inégalités qui trouvent leurs racines dès la plus jeune enfance. En sensibilisant et accompagnant les professionnel·le·s de la petite enfance pour déconstruire les avis et certitudes biaisées par les systèmes de genre dans lequel nous vivons, les actions d’EgaliGone sont pour moi à la fois utiles et nécessaires. Grâce aux militant·e·s d’EgaliGone, un jour peut-être, toutes les femmes se revendiqueront féministes et tous les hommes seront leurs alliés. »


L’INTERVENTION : “Sensibiliser et (se) former à l’égalité filles-garçons”, deuxième session de formation

Issue d’un long travail de collaboration avec Natacha Lacroix-Baudrion, missionnée à la vie associative à la DRDJSCS du Rhône, cette formation de deux jours a été expérimentée fin 2014. Améliorée pour cette 2ème session (31 mars et 7 avril 2015), elle était destinée aux professionnel·le·s en responsabilité dans l’animation socio-culturelle. Nous y avions également accueilli des personnels d’équipes éducatives en milieu scolaire, ce qui a permis de riches échanges. La DRDFE Rhône Alpes s’est adjointe à la DRDJSCS du Rhône pour co-financer deux sessions annuelles de cette formation de deux jours, qui utilise notamment l’outil Alerte à Stéréotypix élaboré par l’association Citoyennes Maintenant.

Rachid Hamadache, l’un des douze participant·e·s à cette session, a témoigné pour nous.

Qu’est-ce qui te revient en mémoire à propos de cette action ?

« Je vais faire ce que je peux avec ma mémoire de poisson ! C’était une session très agréable mêlant bonne humeur et apports théoriques provenant de situations très concrètes. J’ai été marqué par l’expérience du pyjama jaune et du « masculin l’emporte sur le féminin », un construit socio historique assez récent finalement. »

Quelle incidence cette formation a eue sur toi ? :

« Encadrant d’atsem et de coordonnateurs et coordonnatrices périscolaires, cela me permet d’observer et d’interpeller ces professionnel·le·s quand j’estime que les mots et comportements véhiculent les stéréotypes de genre. Conscient d’être moi-même imprégné de cette culture patriarcale, je propose de réfléchir ensemble à ces questions pour trouver les attitudes adaptées. Par ailleurs, je compte postuler pour un master études de genre à distance l’année prochaine… »


Si vous avez manqué nos dernières publications sur http ://egaligone.org, les voici :

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